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Notre allaitement, c'était tout ce qui me restait, la seule chose qui par magie fonctionnait. (par Line)

Dès ma grossesse, j’ai désiré allaiter et me suis renseignée des différentes possibilités et des lois vu que j’étais étudiante. Dans la pratique les employeurs suisses ne respectent pas l’obligation légale de mettre à disposition des mamans désirant allaiter tout en travaillant un local avec lavabo et prise électrique et frigo pouvant être fermé à clé. Je savais mes droits, il me restait à les faire valoir après mon accouchement.
Janvier 2007, après trois jours de contractions, en début d’accouchement dans une maison de naissance je dois être transférée à l’hôpital. Césarienne en urgence qui me laisserai de grosses séquelles moralement et surtout physiquement. A 4 heures du matin on me flanque avec violence notre fille au sein em me disant si elle ne tète pas et bien c’est foutu… J’en pleure, je ne sens plus mon corps bref je m’endors… Le matin impossible de porter ma fille je n’ai plus de bras, de dos, de jambe… J’alerte le personnel médical qui ne me prendra jamais au sérieux, “c’est normal madame…”. 5 jours plus tard je quitte l’hôpital sans pouvoir marcher, parler… A la maison mon mari me mettra ma fille au sein durant une semaine nuit et jour, me donnera à manger je suis devenue un animal, un vulgaire bout de chiffon.
Une sage femme vient me voir et je dois repartir a urgence je prend notre fille avec moi c’est évident j’arrive à l’hôpital et là on me dit que je fais une infection de la cicatrice, cela arrive à 10% des femmes…(il n’avait rien vu à ma sortie une semaine plus tard, mettant sur le compte de l’allaitement la fièvre que j’avais…). Bref soulagée de peut être avoir trouvé une solution à mes douleurs de dos, faiblesse, incapacité de marcher ect… je reste 5 jours hospitalisée avec ma fille… Retour à la maison et rebelote je fais une énorme allergie à l’antibiotique qu’on m’a prescrit… Une semaine après je ne tiens plus debout, j’ai mal au dos à vouloir en finir, je passe des heures dans ma baignoire je suis incapable d’habiller, de changer ma fille, mes doigts tremblent, parler me demander un effort impossible… Je rentre pour une 2e fois à l’hôpital toujours avec ma fille.
L’allaitement, dans tout cela, et bien c’était l’unique chose que je pouvais faire, c’est ce qui m’a donné courage dans les moments ou la douleur était insupportable malgré tout l’armada d’antidouleur qu’on me proposait. Les 6 premiers mois d’allaitement de vie de ma fille j’étais entre l’animal blessé au plus profond de son corps physique, humiliée par le médecin qui m’avait opérée; je l’ai revu et il m’a dit :”Je ne peux rien faire pour vous, vous allaitez…” Notre allaitement, c’était tout ce qui me restait, la seule chose qui par magie fonctionnait malgré un corps à des moments inerte. Souvent la journée quand je n’arrivais pas à me lever toute seule, ma fille rempais pour venir téter, c’était l’unique solution pour qu’on ne soit pas séparées, pour que je puisse au minimum la nourrir.
Maitenant elle a 15 mois et je l’allaite toujours, j’ai repris une activité professionnelle à temps partiel, j’ai tiré mon lait durant 4 mois. Si on me demande pourquoi je continue c’est simple : j’ai un plaisir à chaque tétée et notre fille qui commence à parler me regarde et me dit : “C’est bon…”
J’espère que ce témoignage pourra aider les parents qui ont des ennuis de santé après l’accouchemment, donner l’idée qu’un père peut simplement poser l’enfant sur sa femme si elle n’est pas bien, c’est bien plus pratique que d’aller en cuisine nettoyer le biberon, mesurer, chauffer l’eau et secouer…
C’est grâce à mon mari qui, durant une semaine, à eu l’idée sensationnelle de donner non pas un biberon mais mon sein à notre fille que j’ai pu vivre l’allaitement.
Lorsqu’elle avait 4 mois une infirmière m’a dit de compléter car elle n’était pas dans les courbes de poids, le pédiatre aussi… J’ai simplement répondu que j’accepterai de compléter si je donnais mon lait à analyser et qu’il se révélait pas suffisament nourrissant, vu que j’en avais en quantités. Ce à quoi elles ne m’ont par la suite plus jamais posé de questions… A 7 mois j’ai commencé à introduire des aliments solides petit à petit très très lentement et aujourd’hui elle mange avec nous. C’est toujours un poids plume hos norme helveticus mais une petite fille pleine d’énergie et de joie de vivre.

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Dernière mise à jour le 02/08/2008

Commentaires

témoignage magnifique
beaucoup de courage de votre part!
c’est génial de pouvoir continuer l’allaitement aussi longtemps!

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